Le projet ZAC Clichy-Batignolles :

2000 : L'Apur (Atelier Parisien d'Urbanisme) prépare des réponses possibles pour la France pour les Jeux Olympiques de 2008. Oui pour 2008 et pas 2012 dans cette phase initiale. Les personnes chargées de la réponse (un CIP) retiennent la Plaine Saint-Denis et pas les Batignolles pour le village Olympique.

2001 : Dès son arrivée à l'Hôtel de Ville Bertrand Delanoë lance un plan d'aménagement de nouveaux logements sur l'ancienne friche de la gare de marchandises de la gare Saint-Lazare. La zone géographique va de la rue Cardinet jusqu'au périphérique. La perspective d'un village olympique n'entrait pas en ligne de compte.

Depuis 1996 où Jean Tiberi, (maire de Paris - RPR) avait décrété un moratoire sur la construction de grands ensembles, au nom du retour à un urbanisme à visage humain, il n'y avait pas eu de grand projet dans Paris. La nouvelle mairie (PS, Verts, PC, MRC), a relancé les grands travaux en cherchant à s'écarter du centre de Paris, où il y avait pénurie de terrains, pour des lieux plus difficiles à travailler mais étant les dernières opportunités foncières dont l'ancien dépôt SNCF des Batignolles.

Les verts avec Denis Baupin (adjoint au maire de Paris du Mairie de Paris en 2001) en tête avaient un objectif d'avoir un bilan carbone neutre pour chaque bâtiment de ce nouveau quartier.

Les Batignolles en l'an 2000 avant les travaux.
Une vue aérienne générale des terrains Cardinet pour le projet Clichy-Batignolles (avant l'an 2000).

Si utile, le plan de la gare des Batignolles en 1998.

Les Batignolles
Voici une vue aérienne de détail des terrains Cardinet et à l'intérieur de la zone avec le trait rouge, les terrains concernés par le projet Clichy-Batignolles avant les travaux.

2002 : Bertrand Delanoë lance une étude de définition d'une ZAC avec un parc sur quatre équipes sélectionnées dont celle de François Grether et Jacqueline Osty.

Octobre 2003 : Une équipe composée de l'urbaniste François Grether et de la paysagiste Jacqueline Osty a été missionnée pour réaliser un projet d'ensemble comprenant de nombreux logements.

La perspective d'un village olympique en 2012 n'était pas prise en de compte à cette époque. C'est pourtant cet événement qui est souvent décrit par les présentateurs (en 2019) comme le début du projet. Est-ce qu'ils veulent gommer les composantes historiques politiques du projet pour le rendre plus facile à décrire ? Sûrement, d'où une présentation au goût sucré mais pas conforme à l'acidité de ce qu'a été la vie du projet.

Le 15 janvier 2004 : Le maire de Paris, Bertrand Delanoë annonce : Le terrain de 40 ha des Batignolles sera la pierre angulaire des Jeux Olympiques de 2012, si Paris est choisi pour l'organisation de l'événement des JO 2012. C'est sur cette emprise que serait implanté le village des athlètes. Une commission présidée par Jean-Pierre Caffet, le maire adjoint chargé de l'urbanisme et de l'architecture, a choisi l'architecte François Grether et la paysagiste Jacqueline Osty pour aménager l'espace. L'idée de cette équipe, qui reprend le projet de l'Apur, de créer un village entouré d'un jardin a séduit la commission. Le village sera complètement ordonné autour de l'espace vert, insiste le maire adjoint. Le parc partira de la rue Cardinet et se déploiera jusqu'au boulevard Berthier. Il irriguera les bâtiments.

Projet et budget: La municipalité de Paris souhaite construire plus de 3500 logements dont 50 % de logements sociaux, y compris 800 logements étudiants. Le coût des terrains, fixé à 3.320 euros le mètre carré dans le projet de protocole avec la SNCF et RFF, fait de cet achat un investissement de 395 millions d'euros pour la Ville de Paris. L'ensemble du projet est évalué à 650 millions d'euros en ajoutant les 253,7 millions d' euros de coût de reconstitutions sur d'autres sites, aux frais de la ville de Paris, des immeubles appartenant à la SNCF et à RFF aux Batignolles.

Les deux propriétaires des 54 hectares concernés par l'opération d'aménagement - la SNCF et RFF - accueillent le projet avec intérêt. Anne Saint-Laurent, responsable de l'opération chez RFF, dit que pour eux C'était l'occasion de rationaliser leurs installations et de faire des économies de gestion. La cession des terrains était une chance : en 2008, RFF avait signé un contrat de performance avec l'Etat qui l'engageait à participer à la création de 15 000 logements sur cinq ans. Le projet Clichy-Batignolles était avant tout un programme de construction de 3 400 logements.

Selon le projet de protocole d'accord, la SNCF et RFF s' engagent à céder les terrains à la Ville de Paris en quatre tranches successives. Les premières transactions des terrains avec RFF (Réseau Ferré de France) commencent en 2004, avec la vente de 5,5 hectares d'emprises ferroviaires à la ville de Paris, sur l'une des deux ZAC (zones d'aménagement concerté) de l'opération : la ZAC Cardinet-Chalabre. Grâce à cette acquisition, la municipalité peut entamer l'aménagement du parc Martin-Luther-King, qui s'étendra à terme sur 10 hectares. La perspective alors d'accueillir le village olympique, dans le cadre des JO de 2012, accélère les négociations.

Décembre 2004 : Lancement d'une consultation d'architecture sur la conception des futurs immeubles utile aussi bien pour les JO que pour l'après JO.

La gare des Batignolles. Les Halles de la gare des Batignolles en janvier 2005. Le site est proche de ce qu'il était en juillet 1968, date de son arrêt d'activité ou la gare alimentait les Halles. A gauche on voit deux grues qui commencent à préparer l'espace pour représenter la France pour la candidature aux JO 2012. Au premier plan à gauche on voit la rue Cardinet. Il y a un mur qui sépare la rue Cardinet de la gare des Batignolles.

La gare Clichy Batignolles avec au second plan la butte Montmartre et Sacré-Coeur Ci-dessus une photo du site en juin 2005 avant le début de la transformation. On peut voir la gare de marchandises des Batignolles avec au second plan la butte Montmartre et le Sacré-Coeur. Les immeubles du premier plan sont ceux de la rue Cardinet. A droite, le repère était le symbole de la France pour montrer la volonté de gagner les Jeux Olympiques de 2012. A la place des rails, dans 10 ans il y aura les arbres du parc Martin Luther King.

Le 6 juillet 2005 : Londres est retenu pour les JO de 2012. La ZAC Clichy-Batignolles ne sera pas un village Olympique mais le projet de transformation va continuer sur la base de création de logements.

L'échec de Paris 2012 ne bloque pas les négociations sur les terrains. La ville de Paris, la SNCF et RFF signent un protocole en novembre 2006 et fixent un calendrier de nouvelles acquisitions en trois phases, sur la ZAC Clichy-Batignolles, qui représente 80 % de la surface du futur quartier. Les actes de vente ont été signé en 2009, 2012 et 2013.

La réponse négative du CIO a relancé le débat sur la nature des 4 000 logements qui devaient être construits. La polémique avait commencé au moment du vote fin janvier 2004 sur le plan local d'urbanisme (PLU) parisien qui définissait la part des logements sociaux à 50 % avec un nombre significatif de logements offerts aux étudiants et jeunes travailleurs.

Françoise de Panafieu maire (UMP) du 17e arrondissement de Paris défendait 25 % de logement aidé intermédiaire (pour les classes moyennes) et 50% pour l'accession à la propriété.

Dans le même temps le sujet du TGI est dans les discussions. Si utile, lire la page sur le TGI dont l'histoire est commune avec celle de la ZAC Clichy-Batignolles même si les origines des raisons sont très différentes.

Face à la demande des Verts, au Conseil de Paris, d'augmenter le nombre de logements sociaux de Clichy-Batignolles, Bertrand Delanoë les suit mais sans limiter l'emprise au sol des bureaux ni en réduisant la superficie, mais en érigeant des tours pour introduire des gestes architecturaux dans la ville. Cela a été rejeté en bloc par les Verts.

Juin 2006 : Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu étaient reçus par Dominique De Villepin (Premier Ministre) à l'Hôtel Matignon pour trouver une issue au désaccord sur le pourcentage de logements sociaux à construire sur la ZAC Clichy-Batignolles. L'objectif de Bertrand Delanoë était que ce nombre soit maximum pour pouvoir faire basculer le 17eme à gauche.
Pour comprendre la raison de fond du conflit, en 1995, Bertrand Delanoë avait mené la campagne municipale de la gauche parisienne et remporté six arrondissements sur les vingt que détenait la droite depuis 1983. En 1997, alors qu'il travaille sur différent dossiers à la mairie de Paris, la construction de logements sociaux sur les Batignolles pour faire basculer le 17ème à gauche est décrite.
Dominique De Villepin tranche pour la construction de 3 500 logements dont la moitié seront sociaux et l'autre moitié intermédiaires.

Novembre 2006 : La première réunion importante sur la ZAC était le 18 dans le gymnase de la Porte de Clichy. La réunion a fait l'effet d'une rencontre sportive avec deux équipes qui voulaient gagner la partie. Il y avait Jean-Pierre Caffet, l'adjoint au maire (PS) en charge de l'urbanisme et ses supporters d'un côté et Françoise de Panafieu élu UMP du 17eme en campagne et ses supporters de l'autre. Le débat houleux à principalement porté sur 300 logements à côté de la zone de fret ferroviaire prévu au nord du terrain.
Dans les questions un habitant a demandé à Denis Baupin (adjoint au transport) si le parking de 600 places promis serait réellement construit ?
En fin de réunion, Françoise de Panafieu était plus posée. Au delà de la volonté d'en découdre avec la Mairie Centrale (politiquement de couleur opposé), il semblait utile de soutenir ce beau projet d'ensemble pour le 17eme.

Février 2007 : Création de la ZAC Clichy-Batignolles (ZAC zone d'aménagement concerté) par le Conseil de Paris.

La ZAC Clichy-Batignolles s'inscrit dans un projet global de 54 ha dénommé Clichy-Batignolles comprenant également le Secteur Saussure et la ZAC Cardinet-Chalabre.

La ZAC Clichy-Batignolles
Entouré en rouge, le périmètre de la ZAC Clichy-Batignolles. L'édition ci-dessus est de 2014 mais c'est le périmètre défini début 2007.

Le budget prévisionnel de la ZAC était de 880,56 MEuro HT (au 31/12/2012) avec une participation d'équilibre de la ville pour les équipements de 298,26 MEuro HT.

2007 : René Dutrey, président du groupe des élus Verts du Conseil de Paris sur la ZAC Clichy-Batignolles déplorait que ce qui devait être un écoquartier était devenu un projet lucratif.

Mars 2007 : Réalisation du parc Martin Luther King.

Juillet 2007 : Ouverture de ce parc Martin Luther King au public.

Gare de marchandises des Batignolles en septembre 2007
Au premier plan, la gare de marchandises des Batignolles en septembre 2007. La gare de voyageurs actuelle Pont Cardinet est à droite (toit rosé). Au milieu (à droite du parc des Batignolles) on voit la tranchée des Batignolles jusqu'à la gare Saint Lazare. Avant le parc la Sous Station Cardinet. NB: Le monument au fond avec une statue sur le toit est l'Opéra de Paris.

Bien avant la réalisation du parc des Batignolles, les voies terminus de la gare de marchandises des Batignolles où arrivaient les trains de marchandises qui ravitaillaient les Halles de Paris n'étaient plus utilisées. En 1969 les Halles de Paris avaient été remplacé par Rungis rendant la gare de marchandises des Batignolles inutile.

Novembre 2007 : Bertrand Delanoë (maire de Paris - PS) voulait faire des Batignolles une vitrine de sa politique avec un futur écoquartier basé sur les énergies renouvelables. Et cela sur les terres de son adversaire aux municipales Françoise de Panafieu (maire du 17e - UMP). Les logements occuperaient plus de 50 % de la superficie de la zone d'aménagement concerté (ZAC), contre 35 % en moyenne dans les grandes opérations de la Ville. Sur 3 500 logements prévus, 1 750 seraient privés, 950 sociaux et 800 réservés aux étudiants. Jean-Yves Mano, l'adjoint (PS Maire de Paris) disait : Nous avons ouvert à l'aménagement 10 % du territoire de la ville, soit environ 1 000 hectares. Les Batignolles représenteraient ainsi plus d'un tiers des 9 000 logements que la Ville espère construire sous la prochaine mandature dans les 70 grandes opérations d'urbanisme lancées depuis 2001.

Le 8 juillet 2008, la Mairie Centrale de Paris annonce la suppression de la limite des 37 m et la possibilité de construire des tours de 50 m dans la ville. Bertrand Delanoë, qui n’y était pas très favorable mais est entouré d’un lobby pro-tour, finit par s’y rallier. Avec la réduction du nombre de logements sociaux lié au projet TGI porte de Clichy, augmenter la hauteur des tours est la solution qui lui permet de maintenir un nombre de logements dans le quartier comme il le souhaitait.

le parc et les Halles avant destruction fin 2008
Le parc et les Halles avant leur destruction (photo octobre 2008).

Décembre 2008 : C'est l'inauguration officielle du parc Martin Luther King en présence de Clarence Jones, ancien avocat du célèbre pasteur noir américain et coauteur de nombreux discours dont le plus célèbre : I have a dream.

2009 : La démolition de la gare est pratiquement terminée. Ci-dessous des wagons de marchandises (oubliés ?) sont les derniers vestiges de l'activité.

Démolition de la gare de marchandises pour les Halles de Paris
Au second plan le bâtiment de l'ancienne Direction Informatique de la SNCF qui n'est pas encore détruit.


La pelleteuse en charge de la destruction des bâtiments dont la suite passe au mieux par le recyclage des matériaux.

Halle 4 de la gare de marchandises des Batignolles lors de la Nuit Blanche 2007
La Halle Quai numéro 4 de la gare de marchandises des Batignolles lors de la Nuit Blanche 2007.

Halle 4 de la gare de marchandises des Batignolles
L'intérieur de la Halle quai 4 de la gare de marchandises des Batignolles. La Halle quai numéro 4 avait été fabriquée en 1909 (photo : Nuit Blanche 2007). C'était une structure métallique de 7 000 mètres carrés d'un seul tenant.

la Halle Quai numéro 3
Seule la Halle Quai numéro 3 de la gare de marchandises Paris-Rouen réalisée en bois et en métal sera réinstallée sur un autre emplacement (mais pas certain).

Halle 3 de la Gare de marchandises rue Cardinet
Halle 3 de la Gare de marchandises rue Cardinet fin 2008 (ci-dessus). Elle avait été édifiée par des ingénieurs anglais Locke et Mackenzie vers 1840. Photo pendant le démontage en 2009.

Halle du quai numéro 3 de la Gare de marchandises rue Cardinet
Halle du quai numéro 3 de la Gare de marchandises des Batignolles rue Cardinet.

Pour le plaisir, quelques photos sur le thème de la fin de l'emprise ferroviaire aux Batignolles.

plan des Batignolles
Plan des Batignolles avec la première tranche du parc Martin Luther King fin 2008.

Pour la suite de la lecture :

Vous pouvez aller normalement à la suite du projet d'urbanisme de la ZAC Clichy-Batignolles de 2008 à 2016.

Vous pouvez aller directement à une vue générale du résultat avec l'ensemble des immeubles en 2020 (la page débute en 2016).

L'actualité de l'urbanisme en 2019 (de 2017 à 2019).

En option un coté histoire avec la mémoire du rail dans le Parc MLK.

Ou, passer à autre chose.



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