Parking souterrain Rue Cardinet
Réunion
de lancement de la procédure de référé - Novembre 2009
Procédure visant à établir un « état des lieux » préliminaire à l’opération dans le but de protéger les riverains des éventuelles nuisances occasionnés par le chantier.
Etaient présents :
· Les représentants des immeubles riverains (notamment 166, 168 et 168bis)
· LA SEMAVIP en tant que riverain pour le bâtiment de l’horloge et le parc MLK.
· Un représentant de la voirie (réseaux, égouts)
· LA SAEMES (Mr Lenoir et Mr Koskas : chef de projet) et son avocat
· L’expert, représentant les riverains dans la procédure de référé.
La réunion s’est tenue dans le tout récemment rénové Pavillon de l’horloge dans une salle sans table ni chaises…
Une quinzaine de personnes étaient présentes : la SAEMES, maître d’ouvrage du projet et les représentants des riverains ainsi que l’expert les représentant, mandaté dans cette procédure.
Après un rappel des dimensions du projet, parking souterrain de 175 m de long sur 15m de large sur 6 niveaux (soit environ 35m de profondeur), exploité pendant 30 ans par la SAEMES, nous avons abordé les conditions du chantier.
Les travaux débuteront en Janvier 2010 et s’étaleront a priori sur 17 mois –soit jusqu’en mai/juin 2011. Il y aura donc 3 phases :
Phase 1 (environ 6 mois) : Construction des parois périmétriques de l’ouvrage sur 36 m de profondeur, 375 m de périmètre sur 60 cm de large
Les sols étant relativement meubles (pas de gros caillou en granit par exemple !), il n’y aura pas usage d’explosif ou de méthodes de ce genre.
LA SAEMES est tout heureux de nous annoncer que leur chantier est exemplaire en matière de précaution vis-à-vis des riverains, notamment qu’ils ne touchent pas aux places de stationnement… et pour cause : de ce côté ci de la rue, il n’y en a pas !! Quelle plaisanterie !! Par ailleurs, pour la 1ère phase des travaux, la seule protection contre le bruit sera une palissade de chantier ordinaire…
Puis, lorsque les parois périmétriques seront terminées, une palissade spéciale anti-bruit y sera fixée.
Phase 2 : excavation de l’intérieur de l’ouvrage.
Les travaux auront lieu à ciel ouvert en raison de la pollution des sols à évacuer qui ne permet pas de faire travailler des ouvriers en milieu confiné. Les terres seront évacuées par camion mais à la question du nombre de camions par jour qui circuleront de ce fait dans la Rue Cardinet, pas de réponse précise ! Ce qui est quand même fort car « il s’agit d’une simple règle de trois » comme Mr l’expert a eu l’amabilité de me le rappeler. Le monde à l’envers non ? On est là pour informer les riverains et non l’inverse il me semble !!!
On peut légitimement se demander, étant donné la proximité immédiate des installations de la SNCF, pourquoi ne pas avoir privilégié une option nettement moins nuisible pour l’environnement –et pour les riverains- pour l’évacuation de ces milliers de m3 de terres !! Après m’avoir expliqué que ça n’était pas le sujet de la réunion (bien sûr, surtout n’abordons pas les VRAIS sujet, on pourrait se fâcher !), l’on m’a expliqué que les centres de traitement de ces terres polluées se trouvaient inaccessibles par le train… Je ne suis pas spécialiste du sujet mais j’ai du mal à croire qu’on ne pouvait pas a minima organiser la sortie d’agglomération par le fer plutôt que par des dizaines de camions qui vont venir s’ajouter au trafic déjà saturé du quartier. Sans compter le fait que ce chantier sera concomitant à celui des 2 premiers immeubles en construction de la ZAC sur la rue Cardinet !!!
Phase 3 : Génie civil : construction de l’intérieur, notamment tous les planchers.
Et là, même interrogation sur la provenance de ces milliers de m3 de béton qui vont être coulés (14 000 m3 en Phase 1, 18 000 m3 en Phase 3) : pourquoi ne pas privilégier la centrale à béton présente sur le site et dont on nous a expliqué qu’elle devait notamment servir à approvisionner le chantier de la ZAC… Réponse : on ne peut pas imposer ses sources d’approvisionnement aux opérateurs du BTP ! Ah bon, et pourtant il me semble bien que la SEMAVIP nous avait expliqué le contraire pour les chantiers qui vont les concerner sur la ZAC. Et par ailleurs, je suis assez surprise d’apprendre que la SAEMES (c’est-à-dire les pouvoirs publics puisqu‘il s’agit d’une Sté d’Economie Mixte) ne puisse pas, en tant que donneur d’ordre, décider de ce qu’elle met dans son Appel d’Offres !
Quand la Mairie de Paris décide d’imposer à une célèbre entreprise d’affichage de s’occuper de vélos ce qui est totalement étranger à ses activités normales en l’échange du marché de l’affichage à Paris, cela ne la dérange pas du tout de rédiger un appel d’offres totalement hallucinant d’un point de vue technique !!! Alors, de là à demander aux opérateurs de BTP de privilégier certains modes d’approvisionnement dans la mesure où ceux-ci limiteraient CONSIDERABLEMENT la nuisance du chantier : franchement, je ne vois pas en quoi cela parait aberrant !!!
Concernant les autres aspects environnementaux de ce chantier, il semblerait que la nappe phréatique ne devrait pas être perturbée… Quoi qu’il en soit, la déclivité des terrains est favorable et les immeubles riverains (leurs caves en l’occurrence) ne devraient pas être inondés.
Bref, outre le fait qu’il n’a même pas était fait un tour de table pour présenter les différents interlocuteurs assistant à la réunion, le ton global de cette réunion animée par l’expert m’a paru très léger… J’ai eu la sensation que ce Mr n’avait pas trop l’intention de s’investir sur ce projet étant apparemment déjà très occupé par ailleurs… Encore une fois, force est de constater que les contraintes existantes du quartier et notamment son trafic fort saturé, ainsi que les opportunités du site en matière de routage par le train n’ont absolument pas été prises en compte !! Qu’on vienne ensuite nous expliquer que ce 81è quartier de Paris se veut exemplaire en matière écologique ! Messieurs les politiques, l’environnement se traite AUSSI sur les chantiers et pas uniquement comme but ultime ; but, qui entre nous, ressemble beaucoup plus à du marketing qu’à une réalité…
A bon entendeur…
Sarah Favre, riverain du projet.